Amadou Oury Bah (Bah Oury)

Amadou Oury Bah (Bah Oury)
Prénom
Amadou Oury
Nom
Bah
Surnom
Bah Oury
Date de naissance
Pays de naissance
Guinée
Ville de naissance
Pita
Nationalité
Guinéenne

Amadou Oury Bah, widely known as Bah Oury, is a statesman and major political figure in contemporary Guinea, born in 1958 in Pita, in the Moyenne-Guinée region. Trained as an economist and mathematician, he distinguished himself as a top laureate in Senegal's general competitive examinations and as a former student of the prestigious Lycée Louis-le-Grand in Paris. Despite these achievements, he chose to forgo an academic career in France and returned to his homeland to dedicate himself to the struggle for democracy and human rights.

In 1991, he founded the Union of Democratic Forces of Guinea (UFDG) and co-founded the Guinean Organization for the Defense of Human and Citizens' Rights (OGDH). His commitment to democratic ideals came at a heavy personal cost — he was imprisoned on multiple occasions and forced into exile — yet he never wavered in his peaceful resistance against successive authoritarian regimes, gradually establishing himself as one of the moral consciences of Guinean political life.

On February 27, 2024, he was appointed Prime Minister by President Mamadi Doumbouya, and was subsequently reappointed to that position on January 27, 2026, following the presidential election held on December 28, 2025. He currently serves as head of the Guinean government and also leads the Union of Democrats for the Renaissance of Guinea (UDRG).

Introduction

Amadou Oury Bah, communément appelé Bah Oury, incarne l'une des figures politiques les plus emblématiques et respectées de la Guinée contemporaine. Né en 1958 à Pita, en Moyenne-Guinée, cet homme d'État au parcours exceptionnel a consacré plus de trois décennies de sa vie au combat pour la démocratie, les droits de l'homme et la réconciliation nationale. Depuis le 27 février 2024, il occupe le poste stratégique de Premier ministre de la République de Guinée, fonction dans laquelle il a été reconduit le 27 janvier 2026 par le président Mamadi Doumbouya, témoignant ainsi de la confiance placée en ses capacités de réformateur et de rassembleur.

Enfance et Formation

L'histoire d'Amadou Oury Bah commence en 1958 dans la préfecture de Pita, située en Moyenne-Guinée. Dès l'âge de six ans, en 1964, sa famille prend la décision difficile de fuir la dictature de Sékou Touré pour trouver refuge au Sénégal. C'est dans ce pays d'accueil que le jeune Amadou va forger son caractère et développer ses exceptionnelles capacités intellectuelles.

Son parcours scolaire au Sénégal est tout simplement remarquable. Élève brillant et assidu, il se distingue par des performances académiques hors du commun. Premier aux concours généraux des lycées du Sénégal dans quatre disciplines majeures – mathématiques, français, philosophie et histoire – il décroche son baccalauréat série sciences mathématiques avec la mention très bien, terminant premier de toute la République du Sénégal.

Cette excellence attire l'attention du président sénégalais Léopold Sédar Senghor lui-même, qui, impressionné par ce parcours exemplaire, prend deux décisions historiques : il lui octroie la nationalité sénégalaise et lui accorde une bourse d'études prestigieuse pour poursuivre sa formation en classes préparatoires au lycée Louis-Le-Grand à Paris, l'un des établissements les plus réputés de France.

Après cette formation d'élite, Bah Oury enseigne pendant quelques années les mathématiques supérieures en France, où une carrière académique prometteuse s'offre à lui. Cependant, animé par un profond sens du devoir patriotique et conscient des besoins de son pays natal, il prend la décision courageuse d'abandonner cette voie confortable pour rentrer en Guinée après la mort de Sékou Touré en 1984. Ce choix marque le début de son engagement indéfectible pour la transformation démocratique de la Guinée.

Les Premières Luttes

De retour en Guinée au milieu des années 1980, Amadou Oury Bah s'investit immédiatement dans la sensibilisation démocratique de la jeunesse guinéenne. Le pays sort à peine de décennies de dictature, et les structures démocratiques sont quasi inexistantes. C'est dans ce contexte difficile qu'il décide de poser les jalons d'une société civile organisée et consciente de ses droits.

En 1990, avant même l'adoption de la Loi fondamentale par le Comité Militaire de Redressement National (CMRN), Bah Oury crée, aux côtés du doyen Thierno Madjou Sow, l'Organisation Guinéenne de Défense des Droits de l'Homme et du Citoyen (OGDH). Ces militants deviennent les précurseurs de l'organisation politique moderne du pays, posant les bases du pluralisme démocratique en Guinée.

Le courage de Bah Oury est rapidement mis à l'épreuve. En novembre 1990, suite à l'assassinat de l'étudiant Sékou Traoré par le régime, lui et l'OGDH appellent à manifester pacifiquement pour dénoncer cette violence d'État. La réponse du pouvoir est brutale : ils sont arrêtés et emprisonnés pendant trois jours. Cette expérience de la répression ne fait que renforcer sa détermination à lutter pour les libertés fondamentales.

Naissance de l'UFDG

C'est dans la clandestinité, face à un régime de plus en plus autoritaire, que Bah Oury franchit une étape décisive. En 1991, avec d'autres militants partageant sa vision d'une Guinée démocratique, il fonde l'Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), qui deviendra l'un des principaux partis d'opposition du pays.

L'année 1992 marque un tournant dramatique dans son parcours. En octobre, il est accusé de tentative d'attentat contre le général Lansana Conté, alors président de la République. Arrêté, il est finalement libéré deux jours plus tard sous la pression populaire montante, démontrant déjà l'influence et le respect qu'il inspire auprès de la population guinéenne.

Tout au long des années 1990, tandis que le pays sombre progressivement dans l'autoritarisme, la corruption et la répression, Bah Oury et l'UFDG poursuivent inlassablement le combat démocratique. Ils dénoncent systématiquement les manipulations électorales et les violations des droits humains, payant souvent un lourd tribut pour leur engagement.

En tant que Secrétaire Général de l'UFDG, Bah Oury organise en septembre 2004 la première manifestation pacifique d'envergure pour réclamer la liberté de la presse et le respect des droits démocratiques. La répression policière est féroce, mais le message est clair : l'opposition guinéenne existe, elle est organisée et elle ne renoncera pas.

Lors des élections communales de 2005, malgré une fraude massive orchestrée par le parti au pouvoir, l'UFDG démontre sa montée en puissance et son enracinement populaire. L'année 2007 marque une nouvelle étape avec l'arrivée de Cellou Dalein Diallo qui rejoint l'UFDG et en devient le président. Bah Oury est alors nommé premier vice-président, chargé des relations extérieures et de la communication. Cette alliance stratégique permet à l'UFDG de rassembler davantage de Guinéens espérant un changement démocratique.

Sous cette nouvelle configuration, l'UFDG s'impose comme la principale force d'opposition face aux régimes autoritaires successifs. Le parti participe activement aux grands mouvements sociaux de 2006 et 2007, soutenant les revendications portées par les syndicats et la société civile, au péril de la vie de dizaines de ses jeunes militants. Sous l'impulsion de Bah Oury, le parti se structure pour devenir une véritable institution démocratique, se dotant de bases objectives, rationnelles et formelles sur l'ensemble du territoire national.

Premier Passage au Gouvernement

Le 19 mai 2008 constitue un moment historique pour la démocratie guinéenne : Bah Oury est nommé ministre chargé de la Réconciliation nationale, de la Solidarité et des Relations avec les Institutions dans le gouvernement du Premier ministre Ahmed Tidiane Souaré. Il devient ainsi le premier représentant d'un parti d'opposition dans l'histoire de la Guinée indépendante à occuper une fonction ministérielle.

Durant ses six mois au gouvernement, Bah Oury accomplit des actes d'une portée historique considérable. Il reconnaît officiellement la responsabilité de l'État guinéen dans les crimes politiques commis depuis l'indépendance, brisant ainsi des décennies de silence et de déni. Il obtient réparation pour les victimes de l'affaire Kaporo Rails, qui avait valu l'emprisonnement du doyen Mamadou Ba.

Mais son action la plus marquante reste sans doute la restitution aux familles des corps des huit forestiers assassinés en 2000 sur ordre du général Conté. Grâce à son courage et sa détermination, il parvient à retrouver ces dépouilles et à les rendre aux proches après huit années d'attente insoutenable. Cet acte fondamental permet enfin aux familles de faire leur deuil et témoigne de sa profonde humanité et de son engagement pour la vérité et la justice.

Épreuves et Exil

Le parcours de Bah Oury n'a pas été un long fleuve tranquille. Après l'attentat contre le domicile du président Alpha Condé en 2011, il est contraint à l'exil en France pendant plusieurs années. Cette période difficile aurait pu marquer la fin de sa carrière politique, mais elle ne fait que renforcer sa détermination. Gracié en 2015, il rentre en Guinée pour reprendre ses activités politiques, démontrant une fois de plus sa résilience et son attachement indéfectible à son pays.

Premier Ministre

Le 27 février 2024 marque un tournant majeur dans la vie politique d'Amadou Oury Bah. Le président Mamadi Doumbouya le nomme Premier ministre de la Transition pour remplacer Bernard Goumou, limogé en pleine crise politique et sociale. Cette nomination intervient dans un contexte particulièrement délicat, et le choix de Bah Oury, reconnu pour ses qualités de rassembleur, est perçu comme un espoir de sortie de crise.

Sa mission est immense et complexe : apaiser les tensions sociales marquées par des grèves et des restrictions de libertés, gérer la transition économique dans un contexte de crise énergétique profonde, et surtout, organiser le retour à l'ordre constitutionnel dans un climat de débat intense sur le calendrier électoral.

Son action gouvernementale s'articule autour de plusieurs axes stratégiques. Sur le plan constitutionnel, il supervise l'organisation du référendum de 2025 qui aboutit à l'adoption d'une nouvelle Constitution approuvée à plus de 89%. Il pilote ensuite l'élection présidentielle du 28 décembre 2025, qui voit la victoire du général Mamadi Doumbouya dès le premier tour.

Sur le plan des réformes administratives et sociales, Bah Oury met l'accent sur la moralisation de la vie publique. L'assainissement de la fonction publique, grâce au fichier FUGAS, permet la suppression de milliers d'agents fictifs et génère d'importantes économies budgétaires. Il lance également un vaste programme de décentralisation avec la création de 24 nouvelles communes urbaines et rurales, et instaure pour la première fois une prise en charge à hauteur de 80% des frais médicaux pour les fonctionnaires et retraités.

Sur le plan économique, il doit composer avec un héritage difficile, notamment après l'explosion du dépôt de carburant fin 2023. Il engage des discussions avec la Banque mondiale pour transformer le secteur énergétique et accélère des projets d'infrastructures majeurs comme le pont de Tanènè et le méga-projet minier Simandou. Sous sa direction, l'inflation est stabilisée autour de 3% fin 2025, malgré une croissance économique dynamique.

Reconduction et Nouvelle Légitimité

Le 27 janvier 2026, le président Mamadi Doumbouya, fraîchement élu, reconduit Amadou Oury Bah au poste de Premier ministre. Cette décision témoigne de la confiance totale placée en cet homme politique de 58 ans pour conduire les réformes du premier septennat présidentiel. Le président lui confie également la responsabilité d'organiser le mouvement "Génération pour la Modernité et le Développement" (GMD) en vue des prochaines élections législatives et communales.

Cette reconduction représente bien plus qu'une simple continuité administrative. Elle symbolise la revanche d'un homme qui semblait avoir été oublié sur la scène politique guinéenne, une rédemption politique pleinement assumée. Après avoir conduit l'action du gouvernement de transition pendant près de deux ans puis la campagne présidentielle victorieuse du GMD, Bah Oury voit son rôle central dans l'architecture politique guinéenne définitivement consacré.

Un Héritage en Construction

Aujourd'hui président de l'Union des Démocrates pour la Renaissance de la Guinée (UDRG), Amadou Oury Bah continue de marquer de son empreinte l'histoire politique de son pays. Son parcours exceptionnel, du militant clandestin sous la dictature au Premier ministre confirmé, force l'admiration et le respect au-delà des clivages politiques.

Sa droiture, son courage face à l'adversité, son abnégation et son intégrité morale en ont fait un leader charismatique et une conscience éthique du paysage politique guinéen. Ses prises de position courageuses pour la réconciliation nationale et la défense des droits humains témoignent d'un engagement qui transcende les ambitions personnelles pour servir une vision plus grande : celle d'une Guinée réconciliée avec son histoire, véritablement démocratique et respectueuse des droits de tous ses citoyens.

Amadou Oury Bah incarne l'espoir tenace d'une génération qui a refusé la fatalité de l'autoritarisme et qui a choisi de lutter pacifiquement pour l'État de droit. Son héritage, encore en construction, reste celui d'un bâtisseur de démocratie, d'un défenseur infatigable de la dignité humaine et d'un architecte patient de la réconciliation nationale guinéenne.