Général Ibrahima Baldé

Général Ibrahima Baldé
Prénom
Ibrahima
Nom
Baldé
Pays de naissance
Guinée

Le Général Ibrahima Baldé est un officier militaire guinéen qui a dirigé la gendarmerie nationale de 2009 à 2021, période durant laquelle il a entrepris une profonde réforme de cette institution. Nommé Haut Commandant de la Gendarmerie nationale et Directeur de la Justice Militaire, il s'est distingué par sa vision axée sur la formation professionnelle et la discipline, transformant une force décriée en un corps respecté en Afrique de l'Ouest.

Il a également occupé des fonctions cruciales en matière de sécurité électorale en tant que commandant de l'Unité Spéciale de Sécurisation des Élections (USSEL), supervisant la sécurisation de plusieurs scrutins nationaux. Sa carrière prend fin en octobre 2021 lorsqu'il est mis à la retraite par décret du Colonel Mamadi Doumbouya après le coup d'État. Baldé demeure une figure respectée pour avoir modernisé la gendarmerie guinéenne et amélioré les relations entre les forces de l'ordre et la population civile.

A lire dans cet article

Introduction

Le Général Ibrahima Baldé s'est imposé comme l'une des figures militaires les plus respectées de la Guinée contemporaine. Son parcours exemplaire à la tête de la gendarmerie nationale guinéenne, sa vision réformatrice et son intégrité professionnelle ont contribué de manière significative à la transformation des forces de défense et de sécurité du pays. Portrait d'un officier qui a consacré sa carrière au service de la République et à la modernisation d'une institution essentielle.

Un leadership transformateur

Nommé à la tête de la gendarmerie nationale guinéenne en 2009, le Général Ibrahima Baldé a rapidement fait preuve d'un leadership visionnaire. À une époque où la réputation des forces de sécurité guinéennes était ternie par des décennies de pratiques controversées, sa nomination marquait le début d'une ère nouvelle pour cette institution paramilitaire.

Dès sa prise de fonction, le Général Baldé s'est fixé comme priorité la réforme en profondeur du corps qu'il dirigeait. Son objectif était clair : restaurer l'image de la gendarmerie nationale et en faire une institution respectée, professionnelle et au service des citoyens guinéens. Pour y parvenir, il a mis en œuvre une série de mesures audacieuses qui ont progressivement transformé cette force de sécurité.

Sous son commandement, la gendarmerie guinéenne est devenue un exemple dans la région ouest-africaine, voire dans toute l'Afrique subsaharienne. Ce succès repose sur l'application rigoureuse des recommandations du Chef de l'État, mais aussi sur la capacité du Général Baldé à mobiliser l'ensemble du corps paramilitaire pour répondre aux besoins de la nation.

La formation comme pilier du professionnalisme

Pour le Général Baldé, la formation constituait la clé de voûte de la réforme de la gendarmerie. Sa vision se résumait en une formule simple mais puissante qu'il a su inculquer à l'ensemble de l'institution : "Un gendarme mal formé n'a pas sa place dans les rangs."

Fidèle à cette conviction, il a initié de nombreux modules de formation destinés aux troupes, hommes de rang et officiers supérieurs. Ces formations portaient sur des thématiques essentielles : respect des droits humains, maîtrise des codes pénal et civil, jurisprudence, et renforcement du caractère militaire et des aptitudes de base des gendarmes.

Les résultats de cette politique de formation intensive ne se sont pas fait attendre. Dans les rues de Conakry, les arrestations arbitraires ont considérablement diminué, laissant place à un professionnalisme croissant. La relation entre les citoyens et les gendarmes s'est progressivement améliorée, contribuant à une cohabitation plus harmonieuse.

La discipline comme moteur de performance

Sous le commandement du Général Baldé, la discipline est devenue une valeur cardinale au sein de la gendarmerie nationale. Cette rigueur disciplinaire a transformé positivement les relations entre les forces de l'ordre et la population.

Cette approche s'est particulièrement illustrée dans la gestion des manifestations publiques. Contrairement aux pratiques antérieures souvent marquées par des débordements, les gendarmes ont développé un caractère plus républicain dans l'encadrement des marches et autres manifestations. De nombreux rassemblements ont ainsi pu se dérouler sans incidents majeurs, sans blessés ni morts à déplorer.

Cette évolution positive n'est pas passée inaperçue auprès de la communauté internationale. De nombreux partenaires internationaux ont exprimé leur satisfaction face aux progrès réalisés par la gendarmerie guinéenne sous la direction du Général Baldé, renforçant ainsi la crédibilité de l'institution sur la scène internationale.

Un rôle clé dans la sécurisation des processus électoraux

La sécurisation des processus électoraux constitue un défi majeur pour tout pays en développement démocratique. En Guinée, le Général Ibrahima Baldé a joué un rôle prépondérant dans ce domaine sensible.

En septembre 2015, il a été placé à la tête de l'« Unité de sécurisation de l'élection présidentielle » (USSEL) par le président Alpha Condé. Cette unité, placée sous la houlette de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI), était chargée d'assurer la sécurité du processus électoral. Pour mener à bien cette mission, près de 20 000 hommes, dont 8 925 policiers, 8 855 gendarmes et 1 133 agents de la protection civile, ont été mobilisés.

Cette expérience s'est renouvelée lors des élections législatives couplées au référendum, puis lors de l'élection présidentielle du 18 octobre 2020. À chaque fois, l'USSEL dirigée par le Général Baldé a assuré la sécurisation du processus avant, pendant et après le scrutin.

Sa mission comportait plusieurs volets : sécurisation de la campagne électorale et des candidats, acheminement du matériel électoral, protection des bureaux de vote, sécurisation du dépouillement et de l'acheminement des résultats vers les centres de centralisation, et enfin protection des commissions administratives de centralisation des votes jusqu'à la proclamation provisoire des résultats.

Le Général Baldé a toujours insisté sur la neutralité et l'impartialité des forces de sécurité dans l'accomplissement de leur mission. Il appelait régulièrement les agents de l'USSEL au strict respect du code de conduite des services de sécurité et des droits humains.

Gestion de crises et adaptation aux défis contemporains

Au cours de sa carrière, le Général Baldé a fait face à de nombreuses crises qui ont mis à l'épreuve ses capacités de leadership et d'adaptation. La pandémie de COVID-19 en est un exemple significatif.

Après la déclaration de l'état d'urgence sanitaire par le président de la République, la gendarmerie nationale sous son commandement a participé activement à faire respecter le couvre-feu instauré dans le grand Conakry et à l'intérieur du pays. Elle a également assuré la sécurisation des personnels de santé impliqués dans la lutte contre le COVID-19, ainsi que des centres de dépistage et de traitement épidémiologique.

Le Général Baldé a aussi veillé à ce que la gendarmerie s'implique dans la sensibilisation aux mesures barrières, tant auprès des militaires que de leurs familles. Cette expérience a enrichi la formation des gendarmes, intégrant par la suite les méthodes de prévention des épidémies dans les modules d'apprentissage.

Face à la montée de l'insécurité routière, et notamment au phénomène des "coupeurs de route", le Général Baldé a également su adapter les stratégies de la gendarmerie. En juin 2021, il annonçait une nouvelle approche pour traquer ces bandes criminelles qui sévissaient sur certains axes routiers du pays, notamment entre Kindia-Mamou-Labé-Kouroussa et Faranah.

Témoignage sur les événements du 28 septembre 2009

Le Général Ibrahima Baldé a joué un rôle important dans l'éclaircissement des tragiques événements du 28 septembre 2009, lors desquels plus de 157 personnes ont perdu la vie et plus d'une centaine de femmes ont été violées au stade de Conakry.

En décembre 2023, il a témoigné devant le tribunal criminel de Dixinn pour contribuer à la manifestation de la vérité sur ce dossier douloureux. Il était chef d'état-major de la gendarmerie au moment des faits et a pu apporter des éléments précieux sur la planification qui avait été mise en place dans le cadre de cette manifestation des forces vives.

Son témoignage a permis de mieux comprendre l'enchaînement des événements et les responsabilités des différents acteurs impliqués. Il a notamment évoqué la réunion tenue au Camp Alpha Yaya le 27 septembre 2009, au cours de laquelle des instructions avaient été données aux différentes forces de sécurité.

Le Général Baldé a également décrit son périple le jour des événements et les circonstances dans lesquelles il a découvert des leaders politiques blessés, qu'il a fait soigner à l'infirmerie. Il a ensuite mis en place une commission d'enquête qui a dû céder le pas à une commission d'enquête nationale.

Fin de carrière et héritage

Après plus d'une décennie à la tête de la gendarmerie nationale, la carrière du Général Ibrahima Baldé a pris fin le 11 octobre 2021. Par un décret du Colonel Mamadi Doumbouya, il a été envoyé à la retraite et démis de ses fonctions, à l'instar de plusieurs autres généraux.

Cette décision s'inscrivait dans le cadre des changements institutionnels initiés après le coup d'État du 5 septembre 2021 qui a renversé le président Alpha Condé. Malgré cette fin de carrière abrupte, l'héritage du Général Baldé demeure considérable.

Sous son commandement, la gendarmerie nationale guinéenne s'est profondément transformée, gagnant en professionnalisme et en respect de la part de la population. Son approche axée sur la formation, la discipline et le respect des droits humains a posé les bases d'une institution plus moderne et plus respectueuse de l'État de droit.

Conclusion

Le parcours du Général Ibrahima Baldé illustre l'impact positif qu'un leadership éclairé peut avoir sur une institution. En plaçant la formation, la discipline et le respect des droits humains au cœur de son action, il a contribué à transformer une gendarmerie autrefois décriée en une institution respectée.

Sa devise, "Nous sommes au service de la République", résume parfaitement sa vision du rôle des forces de sécurité. Pour lui, la gendarmerie nationale, "instituée pour veiller à la sûreté publique, assurer le maintien de l'ordre public, l'exécution des lois et règlements et à la protection des institutions républicaines ainsi qu'à la défense opérationnelle du territoire", doit continuer à assumer ses missions avec loyauté.

L'héritage du Général Baldé continuera d'influencer positivement la gendarmerie guinéenne dans les années à venir, servant d'exemple pour les futurs leaders militaires du pays. Son parcours démontre qu'il est possible de réformer en profondeur une institution sécuritaire africaine en s'appuyant sur des valeurs de professionnalisme, d'intégrité et de respect des droits humains.