La Guinée mise sur ses ressources minières pour révolutionner son système éducatif

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Dans une déclaration ambitieuse lors de la conférence Mining Indaba au Cap, Afrique du Sud, le ministre guinéen des Mines et de la Géologie, Bouna Sylla, a dévoilé un plan novateur visant à transformer le système éducatif du pays grâce aux revenus du projet minier Simandou, le plus grand projet minier au monde.

Le gouvernement guinéen prévoit d'allouer 5% des recettes fiscales générées par chacune des deux mines du site de Simandou au système éducatif national, sur une période de 25 ans à partir du début de la production. Cette initiative s'ajoute au budget habituel consacré à l'éducation, qui ne représente actuellement que 2% du PIB du pays, soit moins de la moitié de la moyenne mondiale.

Un programme distinct prévoit également d'attribuer 20% des revenus étatiques issus de La Compagnie du TransGuinéen (CTG) au financement des études à l'étranger d'étudiants guinéens en sciences et en ingénierie, également sur 25 ans. La CTG est une coentreprise gérant les infrastructures ferroviaires et portuaires construites dans le cadre du projet Simandou.

"Notre investissement durable à long terme se situe dans le capital humain", a déclaré le ministre Sylla. S'inspirant du modèle singapourien, il aspire à transformer la Guinée en un pays attractif non seulement pour ses ressources naturelles, mais surtout pour son capital humain, notamment ses techniciens et ingénieurs qualifiés.

Le projet Simandou, évalué à 15 milliards de dollars et impliquant des géants miniers comme Rio Tinto et Baowu Steel, devrait commencer sa production d'ici le premier trimestre 2026. Une fois pleinement opérationnel, le site produira annuellement 120 millions de tonnes de minerai de fer de haute qualité, bien que l'atteinte de cette capacité maximale nécessitera environ trois ans.

Cette initiative s'inscrit dans une tendance plus large observée sur le continent africain, où les dirigeants cherchent à maximiser les bénéfices des ressources naturelles pour leurs populations. Avec 30% des réserves minérales mondiales, l'Afrique dispose d'un potentiel considérable pour transformer ses richesses naturelles en développement humain durable.