Conakry : gouvernement et syndicats ouvrent les négociations pour éviter la grève dans l’éducation

À moins de 24 heures de la grève annoncée dans le secteur éducatif, le gouvernement guinéen et l’intersyndicale de l’éducation ont officiellement lancé, ce lundi 17 novembre 2025, un cycle de négociations cruciales à Conakry. La rencontre, tenue au ministère de la Fonction publique à Kaloum sous l’égide du Conseil national du dialogue social (CNDS), vise à désamorcer une crise qui menaçait de paralyser l’ensemble du système éducatif dès le 18 novembre.

L’intersyndicale, composée de la FSPE, du SNE et du SLECG, a répondu présente à l’appel du gouvernement. Cette première journée de discussions a été entièrement consacrée au lancement officiel du dialogue. Selon Aboubacar Diesto Camara, secrétaire général adjoint chargé de la communication de l’intersyndicale, l’atmosphère de travail a été jugée « correcte » et « encourageante ».

« Nous avons répondu favorablement à l’invitation du CNDS. Aujourd’hui, il s’agissait de l’ouverture des débats. Les points de revendication sont déjà connus. Dès demain, nous entrerons dans le vif du sujet et les discussions vont avancer », a-t-il déclaré à la sortie de la réunion. Le représentant syndical s’est dit prudemment optimiste, affirmant que les préoccupations des enseignants ont été accueillies avec ouverture par la partie gouvernementale.

Ces négociations se poursuivront à travers une commission technique déjà existante, chargée d’harmoniser les positions des trois ministères concernés afin de produire un document consensuel. Cinq représentants de chaque structure syndicale participent aux travaux à huis clos supervisés par le CNDS.

La plateforme revendicative comporte onze points majeurs, considérés par les syndicats comme essentiels pour la stabilité du secteur éducatif. Parmi eux figurent : la signature du statut particulier des enseignants, la régularisation des enseignants bloqués depuis décembre 2023, la prise en compte des enseignants non retenus au concours pratique mais déjà en salle de classe, la situation des contractuels de Conakry, ainsi que l’amélioration des primes de préparation, de documentation, de transport et de logement.

L’ouverture officielle de ces discussions constitue une étape déterminante dans la recherche d’un compromis avant la date fatidique du 18 novembre. Alors que les enseignants attendaient des signaux forts du gouvernement, cette première journée semble avoir apporté une note d’espoir, même si la prudence reste de mise.

Le pays retient désormais son souffle dans l’attente des conclusions des travaux techniques, qui devront déterminer si la grève sera suspendue ou confirmée dans les jours à venir.