La Guinée a franchi une étape historique ce mardi 11 novembre 2025 avec le lancement officiel de la phase d’exploitation des mines de fer de Simandou, l’un des projets miniers les plus ambitieux au monde. La cérémonie, organisée au port minéralier de Moribaya dans la préfecture de Forécariah, a rassemblé plusieurs chefs d’État africains, le vice-Premier ministre chinois, des actionnaires du consortium, ainsi que de nombreuses autorités guinéennes civiles et militaires. Le président de la transition, le général Mamadi Doumbouya, a présidé l’événement.
Ce lancement marque l’entrée de la Guinée dans une nouvelle ère industrielle et économique, portée par la mise en valeur de l’un des plus grands gisements de fer à haute teneur encore inexploités au monde.
Un projet transformateur salué par ses principaux acteurs
Parmi les interventions marquantes, celle de Mamoudou Nangnalén Barry, président du Conseil d’Administration de la Compagnie du TransGuinéen (CTG), a vivement retenu l’attention. Il a rappelé que la zone où se tient aujourd’hui le port n’était, il y a trois ans, qu’un marécage abandonné.
« Grâce à votre vision et votre leadership, Monsieur le Président, nous avons sorti de terre en un temps record les plus grandes infrastructures minières au monde », a-t-il déclaré. Les installations comprennent deux ports minéraliers, un port commercial et un réseau ferroviaire de près de 650 km, permettant une capacité de transport estimée à plus de 120 millions de tonnes par an.
M. Barry a également confirmé que la prochaine phase portera sur la transformation locale du minerai, avec des études de faisabilité prévues pour la construction d’une unité de production d’acier ou de pellets en Guinée.
Le contenu local au cœur de la stratégie nationale
Djiba Diakité, ministre directeur de cabinet de la Présidence et président du Comité stratégique du projet Simandou, a réaffirmé que l’essence du projet dépasse la simple exploitation minière.
« Chaque tonne de minerai extrait est une brique dans la construction de notre avenir », a-t-il souligné, rappelant que le projet Simandou s’inscrit pleinement dans le programme de développement “Simandou 2040”.
Ce programme vise à transformer les ressources naturelles en leviers de croissance durable, en s’appuyant sur cinq piliers : agriculture, industrie agroalimentaire et commerce, éducation et culture, infrastructures et technologies, ainsi qu’économie et finance. L’objectif est clair : faire du minerai de Simandou un moteur de prospérité nationale.
Dans ce cadre, le contenu local est présenté comme une priorité absolue. Le ministre a insisté sur la formation, le transfert de compétences et l’initiative “Simandou Academy”. En symbole fort, il a annoncé que le premier train ayant circulé ce jour à 11 h 11 était conduit par une Guinéenne formée localement.
Une vision présidentielle centrée sur les générations futures
Djiba Diakité a également révélé une confidence du général Doumbouya lors des négociations initiales. Le chef de l’État aurait déclaré : « Si vous ne pouvez pas me garantir la préservation des intérêts vitaux des Guinéens et des standards internationaux, j’arrête. Je ne suis pas pressé. Un autre président viendra le faire. »
Cette ligne directrice, affirme le ministre, a guidé toutes les décisions stratégiques et renforcé la place de l’État, désormais copropriétaire des mines, des infrastructures ferroviaires, portuaires et des futurs actifs de transformation.
Rio Tinto réaffirme son engagement sur le long terme
Présent à la cérémonie, Simon Trott, CEO de Rio Tinto, a qualifié Simandou de « catalyseur pour le développement ». Il a salué la résilience des travailleurs guinéens et l’esprit de partenariat inédit ayant réuni la Guinée, Rio Tinto, Chinalco, Baowu et WCS.
« Ce que nous avons construit ensemble est plus qu’une mine. C’est une opportunité pour les générations futures », a-t-il insisté, réaffirmant que Rio Tinto s’engage « sur le long terme, envers le peuple et l’avenir de la Guinée ».
Un premier navire en route vers la Chine
La cérémonie s’est achevée par le départ du premier navire chargé de minerai de fer, symbolisant le début d’une nouvelle phase économique pour la Guinée. Entre infrastructure massive, volonté politique affirmée et partenariats internationaux stratégiques, Simandou s’impose comme un projet pivot pour le développement du pays.
Avec ce lancement, la Guinée envoie un signal fort : celui d’un pays résolu à transformer ses ressources naturelles en richesse durable pour son peuple.